Suite aux événements de Créteil, le “pas de vague” n’est plus de mise

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Communiqué de presse d’Alain Avello
Référent national à l’Ecole – Les Patriotes
Président de Racine – les enseignants patriotes

 

L’enregistrement vidéo, manifestement tourné par l’un des élèves présents, a été vu de multiples fois, et plusieurs médias se sont fait le relais de l’incident : un élève du lycée Edouard-Branly de Créteil a été filmé jeudi, alors qu’il braquait une arme à quelques centimètres du visage d’une enseignante, lui intimant l’ordre de le noter « présent ».

Là où un sommet pourrait sembler atteint dans ce qu’il n’est plus abusif de désigner comme de la délinquance scolaire, on se dit au contraire qu’elle est devenue la norme, ce que signale en premier lieu l’attitude de l’enseignante, « plus lasse qu’apeurée », comme le souligne Le Parisien. Il semble d’ailleurs que les faits, gravissimes pourtant, ne devaient faire l’objet d’aucun signalement…

Ces faits mettent en lumière le situation que connaissent depuis trop longtemps bien des établissements gangrénés non seulement par des « incivilités », aimable euphémisme, mais par une délinquance de plus en plus exacerbée. Elle est le quotidien de nombreux enseignants qui partant exercent dans des conditions de plus en plus intenables, et de nombreux élèves, victimes directes des fauteurs de trouble !

Face à cette situation, l’institution n’a jusque-là été capable que de démissions successives et s’est toujours s’enferrée dans le déni. Les propos d’un responsable syndical exerçant dans l’établissement, propos d’où suinte la culture de l’excuse permanente à laquelle cette situation est largement imputable, de même que ceux du ministre « encourageant » l’interdiction du portable, sans lequel il n’y aurait certes pas de vidéo (!) ― comme si ceux qui « braquent » leurs professeurs ne devaient transgresser un interdit aussi dérisoire ― sont à cet égard hautement révélateurs.

Ce problème d’une gravité extrême tant il hypothèque le fonctionnement normal de l’institution scolaire et implique de souffrance pour les agents comme pour les élèves ne pourra commencer à trouver de solution qu’à la condition de rompre avec la culture du silence et du déni. Il est à cet égard extrêmement positif qu’au « pas de vague », par lequel l’administration prétend depuis si longtemps dissuader sa mise en exergue, succède une véritable libération de la parole, qui a débuté ces dernières heures sur les réseaux sociaux.

Et il est de notre responsabilité en tant que politiques d’avancer les solutions pour le rétablissement de la sécurité et de l’ordre dans tous les établissements scolaires, solutions que nous mettrons en œuvre pour qu’enseigner et étudier dans la sérénité devienne possible :

– sanctuarisation des établissements scolaires par la mise en place de dispositifs adaptés (portiques de sécurité, vidéosurveillance) et redéfinition du rôle des services de surveillance,

– révision en profondeur de la formation des maîtres qui doit rompre avec la culture de l’excuse permanente, en transmettant au contraire le sens de la noblesse de la fonction enseignante, de la légitimité de cette fonction et de l’autorité qui en découle,

– protection de tous les personnels, en particulier enseignants, en leur assurant le soutien systématique de leur hiérarchie en cas de litige avec un « usager »,

– abrogation de la circulaire 2000-105 du 11 juillet 2000 (« circulaire Royal ») rendant assimilables à une voie de fait certaines sanctions scolaires,

– application effective de toute sanction selon les dispositions du règlement intérieur de l’établissement, y compris de l’exclusion définitive que le Conseil de discipline prononce souverainement, laquelle peut se doubler d’une mesure d’éloignement et de placement dans un établissement distant doté d’internat, prise à l’initiative du chef d’établissement et sous couvert de l’autorité rectorale,

– transmission systématique au Procureur de la République, en cas de faits perpétrés dans l’enceinte ou aux abords des établissements et étant susceptibles de qualification pénale,

– révision de l’ordonnance  45-174 du 2 février 1945 relative à la délinquance des mineurs, dont la responsabilité pénale doit être accrue,

– responsabilisation des parents qui ne sauraient se soustraire à leurs obligations éducatives : lorsque le comportement et les agissements du mineur révèlent une carence éducative manifeste de la part des parents, une suspension des allocations familiales doit pouvoir être prononcée.