Communiqué de presse d’Alain Avello

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Communiqué de presse d’Alain Avello
Référent national à l’École – Les Patriotes
Président de Racine – les enseignants patriotes

Élections professionnelles : boutons les organisations complices des réformes Blanquer hors des instances !

Si notre organisation, Racine, le rassemblement des enseignants patriotes, n’est certes pas un syndicat, mais une organisation professionnelle à finalité politique, il lui appartient toutefois de faire entendre sa voix à l’occasion des élections professionnelles débutant ce jour dans l’Éducation nationale, d’autant que les forces syndicales se présentant aux suffrages des agents sont de facto partie prenantes des politiques scolaires, via notamment les instances où elles sont représentées.

Ces élections fournissent de surcroît l’occasion de réaffirmer notre opposition absolue aux réformes conduites par l’actuel ministre, Jean-Michel Blanquer, tout particulièrement celle du lycée et du Bac, dont nous exigeons le retrait. Tout naturellement, nous érigeons cette opposition en critère à partir duquel il nous apparaît légitime de nous déterminer publiquement quant au rapport de forces syndicales.

Aussi appelons-nous l’ensemble de nos adhérents et, au-delà, l’ensemble de nos collègues à ne porter aucun de leurs suffrages sur les organisations complices des réformes en cours, comme de la plupart de celles qui ont précédé, et ont conduit notre système scolaire au désastre. À ce titre, ces élections professionnelles fournissent l’occasion de sortir des instances de l’Éducation nationale, le SE-UNSA, le SGEN-CFDT ou le SNES-FSU, organisation qui, malgré les ambiguïtés qu’elle entretient à destination de sa base, abonde au fond dans le sens des deux premières.

Aucune voix ne doit se porter sur le SE-UNSA, le SGEN-CFDT ou le SNES-FSU !

Nous apportons au contraire notre soutien aux organisations exprimant leur opposition aux réformes en cours, les mêmes qui se révèlent assez naturellement en convergence avec nos conceptions de l’École de la République et nos ambitions pour son avenir : le SNALC, le SNFOLC et « Action et démocratie » (CFE-CGG), dont nous apprécions les positions qu’elle exprime, notamment au sein du CSE.

Contre la politique de Blanquer, une micro-grève ne sera pas suffisante

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Communiqué de presse d’Alain Avello
Référent national à l’Ecole – Les Patriotes
Président de Racine – les enseignants patriotes

 

La grève de ce lundi 12 novembre dans l’Education nationale, qui réunit autour de deux appels la quasi-totalité des syndicats et la principale fédération de parents d’élèves de l’enseignement public a de quoi laisser songeur. Ses revendications se focalisent en effet sur le budget et les suppressions de postes (2 650 postes dans les collèges et lycées publics, 550 dans le privé, 400 d’agents administratifs, le tout toutefois contrebalancé par la création de 1800 postes dans le primaire, soit 0,2% de l’effectif global).

 

Si une vague de suppressions de postes n’est évidemment jamais bon signe, ériger une revendication portant sur les « moyens » en principal mot d’ordre ne l’est pas davantage, surtout quand la politique actuellement conduite présente des périls autrement plus graves : dévalorisation accrue du métier d’enseignant, dégradation continue des conditions de travail du fait d’une violence scolaire endémique, paupérisation de la voie professionnelle, réformes catastrophiques du lycée et du Bac…

 

Il est vrai que parmi les organisations mobilisées, les principales se montrent peu ou prou favorables à ces réformes : la FCPE, celle des parents d’élèves du public, explique par exemple s’opposer à la réduction des effectifs au titre que le « lycée-Blanquer » « [nécessitera] des adultes formés et en nombre suffisant auprès des jeunes »… De sorte que le mouvement de ce jour, s’affirmant pourtant d’opposition à la politique de l’actuel ministre, se situe délibérément hors-sujet !

 

Il serait en outre temps que les organisations syndicales aient l’honnêteté de reconnaître que les grèves rituelles d’une seule journée ne servent pas à grand-chose, sinon à épuiser les forces et à dissuader toute véritable contestation qui pourrait prendre des formes autrement plus efficaces pour peu qu’elle soit vraiment animée par la volonté d’atteindre ses fins : obstruction aux réunions sur l’application des reformes, rétention des notes des examens, par exemple.

 

Et ce qu’un véritable mouvement d’opposition doit exiger, et il y a urgence, c’est la revalorisation des carrières par le dégel du point d’indice et l’augmentation des salaires (les enseignants français sont parmi les plus mal payés de l’OCDE), c’est la lutte sans merci contre la violence et la délinquance scolaires qui gangrènent bien des établissements et tarissent les vocations, et c’est le retrait sans condition des reformes en cours, tout particulièrement celle du Bac qui, dilapidant une institution deux fois séculaire, effondrera davantage le niveau et accroîtra plus encore les inégalités.

Suite aux événements de Créteil, le “pas de vague” n’est plus de mise

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Communiqué de presse d’Alain Avello
Référent national à l’Ecole – Les Patriotes
Président de Racine – les enseignants patriotes

 

L’enregistrement vidéo, manifestement tourné par l’un des élèves présents, a été vu de multiples fois, et plusieurs médias se sont fait le relais de l’incident : un élève du lycée Edouard-Branly de Créteil a été filmé jeudi, alors qu’il braquait une arme à quelques centimètres du visage d’une enseignante, lui intimant l’ordre de le noter « présent ».

Là où un sommet pourrait sembler atteint dans ce qu’il n’est plus abusif de désigner comme de la délinquance scolaire, on se dit au contraire qu’elle est devenue la norme, ce que signale en premier lieu l’attitude de l’enseignante, « plus lasse qu’apeurée », comme le souligne Le Parisien. Il semble d’ailleurs que les faits, gravissimes pourtant, ne devaient faire l’objet d’aucun signalement…

Ces faits mettent en lumière le situation que connaissent depuis trop longtemps bien des établissements gangrénés non seulement par des « incivilités », aimable euphémisme, mais par une délinquance de plus en plus exacerbée. Elle est le quotidien de nombreux enseignants qui partant exercent dans des conditions de plus en plus intenables, et de nombreux élèves, victimes directes des fauteurs de trouble !

Face à cette situation, l’institution n’a jusque-là été capable que de démissions successives et s’est toujours s’enferrée dans le déni. Les propos d’un responsable syndical exerçant dans l’établissement, propos d’où suinte la culture de l’excuse permanente à laquelle cette situation est largement imputable, de même que ceux du ministre « encourageant » l’interdiction du portable, sans lequel il n’y aurait certes pas de vidéo (!) ― comme si ceux qui « braquent » leurs professeurs ne devaient transgresser un interdit aussi dérisoire ― sont à cet égard hautement révélateurs.

Ce problème d’une gravité extrême tant il hypothèque le fonctionnement normal de l’institution scolaire et implique de souffrance pour les agents comme pour les élèves ne pourra commencer à trouver de solution qu’à la condition de rompre avec la culture du silence et du déni. Il est à cet égard extrêmement positif qu’au « pas de vague », par lequel l’administration prétend depuis si longtemps dissuader sa mise en exergue, succède une véritable libération de la parole, qui a débuté ces dernières heures sur les réseaux sociaux.

Et il est de notre responsabilité en tant que politiques d’avancer les solutions pour le rétablissement de la sécurité et de l’ordre dans tous les établissements scolaires, solutions que nous mettrons en œuvre pour qu’enseigner et étudier dans la sérénité devienne possible :

– sanctuarisation des établissements scolaires par la mise en place de dispositifs adaptés (portiques de sécurité, vidéosurveillance) et redéfinition du rôle des services de surveillance,

– révision en profondeur de la formation des maîtres qui doit rompre avec la culture de l’excuse permanente, en transmettant au contraire le sens de la noblesse de la fonction enseignante, de la légitimité de cette fonction et de l’autorité qui en découle,

– protection de tous les personnels, en particulier enseignants, en leur assurant le soutien systématique de leur hiérarchie en cas de litige avec un « usager »,

– abrogation de la circulaire 2000-105 du 11 juillet 2000 (« circulaire Royal ») rendant assimilables à une voie de fait certaines sanctions scolaires,

– application effective de toute sanction selon les dispositions du règlement intérieur de l’établissement, y compris de l’exclusion définitive que le Conseil de discipline prononce souverainement, laquelle peut se doubler d’une mesure d’éloignement et de placement dans un établissement distant doté d’internat, prise à l’initiative du chef d’établissement et sous couvert de l’autorité rectorale,

– transmission systématique au Procureur de la République, en cas de faits perpétrés dans l’enceinte ou aux abords des établissements et étant susceptibles de qualification pénale,

– révision de l’ordonnance  45-174 du 2 février 1945 relative à la délinquance des mineurs, dont la responsabilité pénale doit être accrue,

– responsabilisation des parents qui ne sauraient se soustraire à leurs obligations éducatives : lorsque le comportement et les agissements du mineur révèlent une carence éducative manifeste de la part des parents, une suspension des allocations familiales doit pouvoir être prononcée.