En sortir ! Pour sortir du chômage de masse – Episode 3

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Ni fatalité ni solution, le chômage est une conséquence de la dialectique de la lutte des classes sociales, non pas la messianique de papa Marx mais celle  dialectiquement pure de François Guizot

Dans la septième leçon inaugurale de présentation de son Histoire de la civilisation en Europe, prononcée en 1828, François Guizot invente le concept de lutte des classes, toujours attribué à tort à Karl Marx. Ce dernier ne le reprendra seulement que quelques années plus tard en modifiant la création de Guizot par le concept de baisse tendanciel du taux de profit – très discutable sur le plan économique – et surtout, il ajoutera à l’analyse une nouvelle classe sociale: le prolétariat, à qui il va donner le tout premier rôle. Une classe parée de toutes les qualités parce que révolutionnaire par essence, c’est-à-dire que l’existence du prolétariat devient la négation de la bourgeoisie dans les fins dernières de cette lutte des classes revisitées par Marx. Clef de voûte de la doctrine révolutionnaire marxiste, machine de guerre idéologique contre la bourgeoisie triomphante de la seconde moitié du XIXème siècle. Marx crée ainsi une eschatologie et des vertus messianiques prêtées à la classe ouvrière très éloignées du propos initial de Guizot.

C’est cette conception marxiste qui s’impose très largement à l’orée du XX  siècle et donne son sens définitif à l’expression lutte des classes. Mais ce n’est pas son sens premier voulu par son créateur François Guizot.  En effet, pour lui l’intérêt même de cette lutte des classes réside dans ses conséquences à la condition expresse que personne ne sorte définitivement vainqueur de ce combat de classes: aristocratie, clergé, bourgeoisie, communes. Un titre de vainqueur certes, mais toujours temporaire, comme un combat de boxe, lorsque la victoire n’est acquise qu’aux poings. Jamais par KO de l’un ou l’autre des protagonistes, au risque sinon  d’une fin définitive de la partie et beaucoup plus grave du jeu lui-même, privant ainsi la société toute entière des fruits de ce combat. Dans l’esprit de Guizot cette lutte des classes est régénératrice. Le combat est impulsé par l’une des classes dominées à l’encontre de la classe dominante qui profite évidemment de sa position dans les institutions et différentes sphères de la vie sociale jusqu’au centre de l’appareil d’Etat. A l’issu de cette rivalité ouverte un nouvel ordre s’instaure plus ou moins original par rapport à l’ancienne configuration. Un nouvel équilibre qui digère les positions respectives des différentes classes après la bataille. Jamais donc de grands soirs chez Guizot ou de révolution qui impliquent la négation par élimination d’une classe par une autre et donc les horreurs générées dans l’histoire à ce titre comme en ex-U.R.S.S, en Chine au Cambodge et ailleurs.

L’histoire des idées a largement éclipsé l’apport majeur de Guizot dont notre propos n’est pas de parler de l’homme politique mais de l’historien visionnaire. Son ambition était de forger des outils à même de rendre compte de l’évolution des sociétés et de la civilisation européenne. Son analyse dynamique montre admirablement l’immuabilité du combat des classes telles qu’elles se trouvent à un moment donné de l’histoire sociale. Mais aussi des bienfaits de cette lutte sur la société dans le cadre national. Son caractère éminemment constructif sur le plan politique et institutionnel et plus encore car dans l’esprit de Guizot la modernité même en dépend. C’est-à-dire qu’une société évolue et progresse dans la mesure où ce processus de lutte des classes peut continuer à produire ses effets et générer ainsi la modernité sous ses différentes facettes à travers les évolutions scientifiques, institutionnelles, juridiques, mentales, économiques, innovations techniques, politiques…etc. Un principe premier d’explication du mouvement du monde  dont la matrice est cette lutte des classes à la fois cause et conséquence de l’Histoire des sociétés, écoutons-le:

L’Europe moderne est née de la lutte des diverses classes de la société. Ailleurs, cette lutte a amené des résultats bien différents : en Asie, par exemple, une classe a complètement triomphé, le régime des castes a succédé à celui des classes, et la société est tombée dans l’immobilité. Rien de tel, grâce à Dieu, n’est arrivé en Europe. Aucune des classes n’a pu vaincre ni assujettir  les autres ; la lutte, au lieu de devenir un principe d’immobilité, a été une cause de progrès ; les rapports des diverses classes entre elles, la nécessité où elles se sont trouvées de se combattre et de se céder tour à tour ; la variété de leurs intérêts, de leurs passions, le besoin de se vaincre, sans pouvoir en venir à bout ; de là est sorti peut-être le plus énergique, le plus fécond principe de développement de la civilisation européenne.

Loin de l’hypothèse de Fukuyama prédisant la fin possible de l’Histoire et indépendamment des relations variables entres les Etats, dont nous savons que les intérêts bien compris priment sur tout autre considérations ou sentiments. L’approche de Guizot permet de dépasser l’individu pour analyser un ensemble dynamique dans lequel les intérêts de classes sont différents et contradictoires. Il n’écrase pas l’individu mais au contraire le restitue dans une compréhension dialectique de son destin et de sa relative liberté. Il nous permet ainsi de mieux saisir par exemple au cours de notre histoire moderne pourquoi et comment  aristocratie et bourgeoisie en butte à une perte importante de pouvoir et d’influence ont privilégié leur solidarité de classe à leur patrie et n’ont pas hésité à trahir parfois afin de sauver, maintenir ou reconquérir leur domination sur leur société d’appartenance.

Un phénomène très repérable dans l’histoire de France remarquablement pointé du doigt par François Mauriac, observateur de la vie politique d’après-guerre dans son fameux bloc-notes, nourrit de la longue histoire:

Ce qu’il y a de singulier c’est que la France a toujours nourrit en son sein, à toutes les époques, une partie d’hommes raisonnables qui nient qu’elle puisse vivre autrement que subordonnée.

Après De Gaulle, ces hommes politiques raisonnables Français n’ont pas cessé de nous soumettre pierre après pierre à une construction institutionnelle d’une Europe auquel nous sommes désormais soumis. Le corps social veut bouger mais il est paralysé comme dans un mauvais rêve où l’on assiste impuissant à son propre dépeçage. Toute la classe politique aujourd’hui au pouvoir ou appartenant à des partis de gouvernement portent cette responsabilité et les dissidents en leur sein n’ont été qu’une poignée. Ils sont donc ainsi objectivement solidaires de l’existence de  l’UE parce que l’abandon de l’UE sonnerait infailliblement le glas de leurs carrières politiques. Ils se tiennent; en ce sens, tous par la barbichette et c’est pourquoi ils ont le même désir: changer l’Europe ! Slogan inchangé tous partis confondus depuis bientôt cinquante ans…Par conséquent la ligne de clivage politique entres les partis n’est plus Gauche/Droite, Progressistes/Conservateurs mais bel et bien soumission ou émancipation de l’UE dont nous sommes accablés. Une fracture profonde qui couve depuis cinquante ans dans le grand chaudron de nos multiples petits renoncements au principe de la souveraineté de la Nation, comme le proverbe Turc précise une femme n’est pas à moitié en ceinte elle l’est ou pas, de même un Etat est souverain ou non… et vous connaissez la réponse. C’est aussi la parabole bien connu de la grenouille projetée dans la marmite bouillante qui en ressort aussitôt, alors que la même grenouille plongée dans l’eau froide portée progressivement à ébullition périra elle par contre à coup sûr! Le lecteur comprendra qui est la marmite et la grenouille… Charles De Gaulle qui n’en était pas une n’a pas cessé de nous mettre en garde:

Les Français sont trop portés à croire qu’ils peuvent dormir tranquille, qu’ils n’ont qu’à s’en remettre à d’autres du soin de défendre leur indépendance ! Il ne faut pas les encourager dans cette confiance naïve qu’ils paient ensuite par des ruines et par des massacres ! Il faut les encourager à compter sur eux-mêmes.

François Guizot avec l’invention de la lutte des classes clarifie les mouvements de la longue histoire comme les coups de zoom nécessaires quand l’histoire des hommes et des civilisations s’emballent tout d’un coup. Son apport est de la première importance pour éclairer notre compréhension de l’histoire des hommes sans lequel la chouette de Minerve cher à Hegel  s’entête à prendre son envol au crépuscule et nous plonge dans le noir incapable de déchiffrer l’évolution d’une société.  Un coup d’œil dans le rétroviseur, une vision du présent et ses convulsions, quelle  focale peut nous aider à faire le point. Toutes les facettes de l’économie, tous les fondamentaux d’une société, toute la plasticité du système capitaliste si caméléon dans les différents environnements où il évolue et dont la plasticité n’a d’égal que son adéquation à tous les discours les plus doctrinaux et même son contraire: l’anticapitalisme. Un système enveloppant la planète entière, jamais proprement inventé par l’homme mais toujours recomposé et adapté par sa main et les cultures du citoyen appartenant à une nation spécifique et distinct des autres et de mille manières en Angleterre, en Chine, à Macao, en Inde, en Colombie, en Iran, en France, au Cameroun… Jamais vraiment le même mais dont nous retrouvons néanmoins certains invariants partout, ce qui fait peut-être de la terre l’enfer d’une autre planète…

L’emploi ou plutôt le niveau de l’emploi est donc pris dans les rets de cette lutte des classes qui sans être une guerre ouverte à proprement parler fait néanmoins des milliers de morts annuel. Environ 14 000 en France car la mortalité des chômeurs est trois fois supérieure à celle des actifs occupés… 

En sortir ! Pour sortir du chômage de masse

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 Episode 2

Texte de Dominique Bourse-Provence, référent Les Patriotes à l’emploi

Ce qui est étonnant aujourd’hui ce n’est pas la marche du progrès technique – il flâne souvent, oisif, pour s’emballer, tout à coup comme s’il avait oublié du lait sur le feu – non la surprise vient plutôt de l’Etat, totalement “out”, incapable d’initier les évolutions technologiques majeures.

En France il faut mettre de l’Etat dans les projets sinon ça merdoit.

De Gaulle avait coutume de le dire: Rien d’étonnant dans la patrie de Jacques Cœur, Barthélémy de Laffemas, Richelieu, bien sûr Colbert et tant d’autres grands ou petits serviteurs de l’Etat.

Pourtant aujourd’hui l’Etat a perdu ce rôle d’impulseur. Ses grands commis appartiennent tous quasiment au même corps de la maison mère ENA. Une vénérable institution, fort utile car un Etat moderne est un outil complexe dont il faut connaître les rouages afin d’être efficace dans l’action. Or cette machinerie ne s’apprend pas dans le privé, l’enseignement ou le marketing, mais dans les grands corps comme la Préfectorale, à Bercy ou dans les cabinets ministériels. Les promotions de ces quarante dernières années ont été victimes d’un glissement progressif de la colonne vertébrale idéologique et morale qui les caractérisait. Ce ne sont pas les étudiants qui ont subi une quelconque mutation génético-morale mais c’est leur environnement qui s’est transformé, distillant goutte à goutte le venin de Mme Pompadour : Après nous le déluge! La toute-puissance du marché avec sa centrification exclusive sur l’argent mesure de toutes choses a renvoyé chacun à son échelle vers toujours plus de destin individuel avec la carrière la plus rentable en monnaie sonnante et trébuchante au détriment du service de l’Etat, c’est-à-dire au service de l’intérêt général et du bien commun. Historiquement ce sont les années 80 qui marquent fortement le déclin du symbole par excellence de la présence de la main de l’Etat, à côté de la main invisible du marché. La planification à la Française a commencé sa reculade et avec elle tout l’Etat a régressé au profit du marché, jusqu’à l’abandon par Michel Rocard – la deuxième gauche qui aurait dû s’appeler la seconde – du rattachement du commissariat au plan directement au Premier ministre. Une mesure qui scelle définitivement le sort de la planification Française vieille de quatre siècles… Vingt-cinq ans environ ont donc été nécessaire, une génération, pour assister à cette mutation du comportement des élites de la fonction publique. Bien sûr il y a toujours eu façonnage des esprits, une école de prestige règne sans partage sur les consciences et constitue l’environnement de référence pendant de nombreuses années des heureux élus. Devenir une femme et un homme à part entière c’est aussi s’émanciper de cet environnement. Mais lorsque ce bain devient celui de la bête libéral pour reprendre le mot de Hegel alors il est très difficile de s’en extraire car avec le libéralisme débridé, sans la férule de l’Etat, l’individu devient la mesure de toutes choses et quand cette personne est un énarque son égo prend des allures de montgolfière gonflée au vent de la société. Un politiquement correcte qui débute avant le concours d’entrée, ne favorisant ni l’originalité ni le courage. Ce formatage lui agit en garde-fou, rempart contre la capacité à penser en dehors des sentiers battus. Difficile dans ces conditions de demander aux impétrants d’être en capacité de développer une pensée originale et encore moins critique qui s’opposerait à une doxa idéologique extraordinairement présente dans les allées des correcteurs des concours des grandes écoles comme dans celles du pouvoir et des médias mainstream. Un véritable prêt à penser sur mesure! Rares sont les apprentis énarques qui ne tombent pas dans le lit de Procuste ! Il est vrai, à leur décharge, que ne pas se soumettre quand on a réalisé cette brillante trajectoire scolaire équivaut à une véritable stratégie d’échec, pire un suicide social. Et au pire, ceux qui sont dans l’Acropole et malheureux néanmoins du prix de leurs renoncements développent plus facilement un cynisme de dandy qu’un goût trop prononcé pour la roche Tarpéienne. Reste toujours la possibilité de l’absorption massive de barbiturique, alcool et cocaïne. Cela existe aussi chez les énarques…Un peu le suicide assisté chez les Suisses, feutré et très cool mais on connaît la fin !

Sauf exception, nous ne pouvons donc rien attendre de ce côté-là de l’Etat et sans nourrir une passion coupable pour l’épisode Khmers rouges de très triste mémoire, Il faut cependant avouer que l’idée d’un stage paysan pourrait être parfois profitable. Je pense à nos énarques non “dé formatés”, par conviction ou soumission qui, après un passage dans le public, vont pantoufler dans le privé puis, et ceci est un phénomène relativement nouveau, rétro- pantouflent in fine dans le public. Ceux-là aussi pourraient apprécier pleinement toute la saveur du trait d’esprit de Montesquieu :

J’aime les paysans ils ne sont pas assez savant pour raisonner de travers.

En effet ces élites sont parfois si déconnectés des simples préoccupations du quotidien des citoyens, le bourrage de crâne est si intense dans les grandes écoles mais aussi tout au long des études universitaires – 40% des étudiants passent plus ou moins par l’enseignement supérieur – qu’il est assez juste de penser que l’intelligence a déserter tous ces lieux ou du moins que le sens commun n’a plus rien à envier à la noblesse d’Etat. Par voie de conséquence devant cette déliquescence des élites nous pouvons parfois nous surprendre à rêver d’un exécutif gouvernemental composé d’une quinzaine de mamie en gilet jaune, pleine de bon sens avec les pieds sur terre! En laissant le contre intuitif érigé en système aux intellos de salon… 

Macron préconise notamment comme sortie de crise un RIC mais locale ! Et la suppression de l’ENA?

L’emploi : Fatalité ? Solution ? Ou expression de la bonne vieille lutte des classes ?

Le chômage comme fatalité ?

Les réformes réalisées depuis plusieurs années en matière d’emploi ou ayant une relation annexe ou connexe avec l’emploi se font, comme pratiquement toutes les autres, au nom de la nécessité. L’acmé de cette tendance est la présidence Macron et son énarchie. L’attitude à la fois péremptoire de celui qui sait, impérieuse de celui qui a la légitimité pour décider. Mais qui se révèle en même temps en matière d’emploi totalement impuissant à non pas inverser – idée désormais totalement obsolète – mais plus modestement caresser la courbe du chômage pour peser sur sa trajectoire et la faire décrocher, comme un effet de pesanteur pour lui faire enfin courber l’échine! C’est sans doute une des raisons qui démonétise de plus en plus vite les Présidents français encadré par l’U.E: Sarkozy, Hollande et puis Macron. Mêmes causes mêmes conséquences, candidats ils rivalisent apparemment des meilleurs intentions du monde

– ils sont fiers comme un bar-tabac avant le matraquage fiscal, nous allons voir ce que nous allons voir, c’est à les entendre l’élection décisive, historique, celle de la croisée des chemins entre progrès et chaos – hélas, sitôt passée l’élection triomphante, petite chose, la déesse Némésis les brise sur le mur des destinées fatales. Un psychodrame dont le bégaiement n’est plus crédible désormais et dont la colère des Gilets Jaunes est la preuve que la ligne rouge de la décence ordinaire a été franchie. Quand nous avons perdu la liberté de choisir la politique économique devient une parodie où le souffleur, complice du grand argentier, exprime tout son savoir-faire dans les éléments de langage et d’images des communicants de l’Elysée, relayée par la majorité En Marche à l’Assemblée nationale. Un nombre impressionnant de professionnels de la “COM” parmi leurs députés, sans oublier la myriade d’experts et de spécialistes biens informés appointés par les médias.

Le monde à l’envers: aujourd’hui les techniciens expliquent aux politiques ce qu’ils doivent penser, hier les techniciens appliquaient les décisions des politiques…

Tous ces acteurs, à quelques exceptions près, répètent et répètent encore le même refrain ciselé par les orfèvres en la matière que sont les conseillers qui occupent les marches du palais sans jamais apparaître sur la photo. Cette ronde criarde et entêtante donne le tournis sur l’air d’un ballet médiatique frénétique qui en définitive ne parle que de ses membres, c’est à dire de ces élites politico-médiatiques frappées d’une consanguinité qu’y atteint aujourd’hui des sommets. Ici le complot n’a pas sa place. Il n’y a pas de complot lorsque tout est au vu de tous et que rien n’est sciemment dissimulé. Aucun complot mais une convergence d’intérêts majeurs entre le politique insincère et le journaliste ambitieux. Les deux doivent réussir : l’un  sa prestation, l’autre son sujet et tant pis si parfois le duo tourne à la farce comme à l’époque

du couple Marchais – Elkabbach. Beaucoup plus récemment Sarkozy recevant à dîner à l’Elysée un comédien fameux le saluait avec un tonitruant bonjour content de vous voir cher confrère! Et oui ils faisaient le même métier…Intérêts communs qui se révèlent dans l’instantanée de l’image et façonne toute une société du spectacle à la Debord. Ce n’est pas la moindre qualité du mouvement des gilets Jaunes d’avoir su résister aux sirènes médiatiques de la starisation qui agit comme un tamis afin de faire émerger des têtes, des leaders au sein d’ un mouvement qui n’en veut pas. Convergence du média et du politique qui veut coûte que coûte donner du sens pour réussir le sujet même au prix d’une distorsion considérable de la réalité. Mme Le Vavasseur à la belle crinière rousse n’y a pas résisté et elle a explosé en vol lorsque le politique Tapis, roué à l’exercice, avait cherché à en tirer profit pour lui et pour un autre aussi. Une collusion objective donc qui pourri un peu la réalité en la faisant exister autrement. Pauvre réalité qui n’a nul besoin elle d’être réussie pour exister.

Construisez l’opinion publique et les chômeurs seront bien gardés…

Le but de la manœuvre consiste pour la sphère journalistique de télévision et radio française anormalement concentré dans quelques mains milliardaires – la presse écrite a perdu son modèle économique et n’existe plus qu’à travers l’aide publique – de donner des gages d’objectivité tout en ménageant les intérêts de classe des dits propriétaires de chaine. L’application médiatique qui en résulte s’appelle la théorie journalistique de la multiplicité des points de vue. Par conséquent oui un témoignage de chômeur où perce la souffrance mais noyé dans divers éclairages assurant la prétendue objectivité: analyse micro et macro- économique, information sur la nouvelle règlementation du contrôle des demandeurs d’emploi dans leur recherche, statistiques des moyennes de versements des indemnités chômage et puis l’inévitable perspective conjoncturelle de l’emploi doublée par les préconisation de l’OCDE dans le sens d’un plus grand libéralisme économique sans oublier le témoignage inévitable d’un employeur qui n’arrive pas lui à pourvoir un poste vacant depuis déjà des mois … Différents angles de vue, divers points de vue pour un double objectif: sculpter l’opinion publique pour éviter que les actifs occupés s’identifient aux actifs inoccupés et aussi faire en sorte que le chômeur intègre bien qu’il est responsable de sa situation. Plus travailleur il aurait conservé son poste, mieux formé il aurait déjà trouvé un autre emploi, plus volontaire il trouverait… Plus souple, il accepterait d’occuper un poste en dessous de ses compétences, diplômes et qualifications, plus vertueux il comprendrait que ses indemnités sont élevées…etc. Focaliser sur la victime pour en faire un coupable revient du même coup à exonérer l’Etat de son rôle premier: protéger les personnes de la mort physique bien sûr, mais aussi de la mort sociale que subissent de trop nombreux chômeurs et leur entourage avec.

Tonton… et flingueur

Les politiques droites et gauches confondus ont abandonné toute ambition en matière d’emploi à partir du constat désabusé déjà abordé du président Mitterrand: En matière d’emploi on a tout essayé. Sa phrase en suspension dans l’air comme affranchi de la pesanteur… Finit quand même très longtemps après qu’elle fût prononcée par lourdement se fracasser sur le roc du concret grâce à Pascal Lamy, ancien patron de l’OMC et vieux compagnon de route du PS qui possède le fanatisme du nouveau converti au libéralisme C’est vraiment la gauche qui libéralise le plus car la droite elle a honte. Après Mitterrand, tous les dirigeants à sa suite feront de même mais en silence. Aucun autre politique pour réitérer cette manière d’exploit inouï : On a tout essayé… Un silence et un oubli proprement assourdissant, un renoncement qui légitime tous les autres…Fausse franchise en forme d’excuse servant à justifier l’abandon pur et simple de l’impérieuse nécessité de trouver les moyens  de redonner  à la France du travail.

Depuis 25 ans les discours politiques guerrier sont légions sur les fronts de l’industrialisation ou de la ré-industrialisation mais les choix et décisions politiques dans le même temps ont tous tournés dans le sens d’une profonde acceptation de la désindustrialisation sur des bases libérales purement idéologiques où les chômeurs sont relégués très à l’arrière-plan du dessein mondialiste bien mis en évidence par le toujours prolixe et culotté Pascal Lamy : Il est donc urgent de réfléchir aux modalités de construction d’un pouvoir démocratique mondial. Si les formes de la démocratie représentative nationale sont désormais un piège, il nous faut aujourd’hui penser une démocratie alternationale. Sans modèle? Sans expérience? Pas tout à fait. Car, depuis cinquante ans, dans un coin de la planète, se déroule un processus dont les fondateurs avaient mesuré la possible portée pour le monde: la construction européenne.”

Un coin de la planète comme il dit dont nous aurions rétrospectivement aimé être épargnés.

Une déclaration surprenante éloignée des propos de nos Présidents mais en phase avec leurs actes puisqu’ils n’ont rien fait pour développer une nouvelle politiques industrielle qui se serait fatalement heurtée à l’UE. Tout au contraire ils ont multiplié les grandes déclarations creuses comme le Président Sarkozy affirmant, en 2004, qu’il fallait une industrie française forte, la France ne pouvant être une économie de banques, d’assurances ou de services , ou de Dominique Strauss Kahn, ministre de l’Économie en 1998, déclarant que personne « ne peut penser distribuer sans avoir produit » et que l’effort de la Gauche doit d’abord porter sur la production et, notamment, la production industrielle et sur la création de vrais emplois industriels qui sont des emplois directement productifs ou encore de Hollande dont l’ennemi n’avait pas de visage mais un compte en banque…Pour qu’ensuite Arnaud Montebourg servit dans la réalité de caution et fusible à cette absence de volonté politique. Ce dernier semble aujourd’hui avoir compris la leçon après sa démission du gouvernement et son retrait de la vie politique à l’âge où les éléphants roses se pâmaient d’ordinaire. Profonde amertume de celui qui voulait en découdre mais qui a vu trop tard le piège se refermer sur lui, briser son élan et évaporer son énergie dans les marais de l’UE.

Le pouvoir d’emploi source majeur du pouvoir d’achat

Le pouvoir d’achat baisse en France pour le grand nombre en fonction des périodes de baisse et de stagnation du pouvoir d’emploi mesuré par le taux de chômage. Après des décennies de chômage de masse le prix du travail stagne et même régresse proportionnellement à  l’inflation. La forte redistribution française n’y peut rien car elle intervient après la sanction des marchés. Pour augmenter le pouvoir d’achat global des Français il convient par conséquent de créer de l’emploi et de la richesse, seul moyen efficace de lutter contre la baisse des salaires de ceux qui ont un emploi. Introduire la notion de pouvoir d’emploi permet de stigmatiser la défaillance de l’Etat qui se refuse – à cause de ce à quoi les élites au pouvoir devraient alors renoncer – à créer enfin les conditions favorables à l’emploi. Des mesures qui se situent aux antipodes des préoccupations idéologiques de ceux qui devraient servir l’Etat – c’est-à-dire être utile à la fraction la plus fragile et la plus nombreuse du peuple souverain – mais qui au contraire se servent de l’Etat. Réindustrialiser la France par le protectionnisme et le patriotisme économique, transformer l’agriculture par une maîtrise retrouvée des traités commerciaux internationaux aujourd’hui négocié par un commissaire européen dans notre dos et sur notre dos avec en prime les mains dans nos poches! Alors que les intérêts des Etats membres de l’U.E sont si contradictoires, favoriser l’essor des innovations créatrices d’emplois, privilégier l’emploi en France comme cause nationale, mettre fin au travail détaché, retrouver la maitrise de nos frontières, s’ouvrir sur les cinq continents et négocier librement avec tous les pays de la terre. Des mesures concrètes et efficaces dont beaucoup peuvent assez simplement être mise en œuvre – à condition de retrouver notre indépendance politique, monétaire, budgétaire, économiques – aujourd’hui interdites par un pouvoir aux ordres toujours plus exigent de Bruxelles.

Le chômage comme solution?

L’idée que le chômage n’est pas un problème mais au contraire une solution est une pensée cynique qui existe mais que l’on ne peut rencontrer que dans des cercles fermés, grands commis de l’Etat, milieux politiques et patronaux. Une pensée politiquement incorrecte qui ne passe jamais sous la lumière des projecteurs. Un truc pour initiés. Seul un milliardaire comme Warren Buffet pouvant se permettre ce genre de libre confession: Il y a une guerre des classes dans le monde, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre et nous sommes en train de la gagner. Tout le monde n’a pas la liberté du milliardaire et beaucoup préfèrent avancer masqués ou donner le change pour conserver places et privilèges de classe.

Mais à considérer froidement ces propos et les bribes de politique économique réalisées dans le domaine de l’emploi. Il est clair que le compte n’y est pas. Le déséquilibre est un gouffre entre la souffrance sociale générée par le chômage et la pusillanimité des réformes dans ce domaine et surtout l’absence de politique concertée là où tous les ministères, tous les secteurs économiques sont concernés. Les derniers gouvernements soumis à l’UE ont réservé ce traitement global à la politique d’austérité et aux économies à réaliser dans les différents ministères. Bien sûr les ministères doivent être moins dépensiers et soucieux des deniers publics. Mais l’économie budgétaire, pas plus que l’austérité ne sont de grandes causes nationales sans un dévoiement vertigineux de cette impérieuse nécessité qu’est sensée représentée une cause nationale. Une cause nationale doit être utile bien sûr à la collectivité dans son ensemble par son objet mais doit aussi donner un supplément de sens aux efforts de chacun. L’emploi pourrait mais surtout devrait être l’une d’elle et même être la première des causes nationales au même titre que la sécurité des Français à reconquérir depuis les drames successifs que nous avons connu depuis 2015. Au lieu de cela nos dirigeants et les corps intermédiaires avec eux sur-jouent à fond la fiction droite/gauche, partout ailleurs moribonde ou en obsolescence déjà avancée. Tous aux abris dans les chapelles idéologiques bien identifiées gauche/centre/droite permettant en fait un tour de passepasse, le bonneteau politique gagnant auquel participe tous les libéraux libertaires et conservateurs main dans la main sans vraie fausse note juste quelques dissonances tout au plus et de bon aloi pour maintenir un ersatz d’opposition au pouvoir en place, juste ce qui est nécessaire afin d’accompagner tous ensemble bien gentiment les chômeurs jusqu’à Pôle Emploi, une parodie de la société inclusive. Les corps intermédiaires et notamment les dirigeants syndicaux participent aussi à ce chloroforme puissant parce qu’institutionnel consistant comme la direction de la CFDT s’y emploi à toujours demander aux pouvoirs publics de mieux accompagner les chômeurs vers l’emploi ou la CGT en lutte afin de maintenir l’emploi dans des sites industriels abandonnés par l’Etat – en fait obtenir le maximum de prime pour les sortants malgré cette évidence qu’une prime aussi importante soit-elle ne représente jamais que 2 ou 3 ans de salaire dans le meilleur des cas, un temps qui passe vite et ne remplace jamais le travail de celui qui l’exerçait- . Mais jamais un mot plus haut que l’autre à propos de l’UE de Bruxelles – c’est-à-dire les véritables causes du chômage: l’euro, le libéralisme économique qui organise la concurrence inter-Etats dans la zone et la foi dans l’austérité budgétaire – A croire que depuis 10 ans la construction européenne est sortie des radars syndicaux? Pourtant il n’y a encore pas si longtemps, ils allaient en cortège défiler pour faire entendre leurs revendications là où réside l’essentiel du pouvoir politique à Bruxelles. Mais il est vrai qu’à l’époque le déplacement du cortège syndical en car était financé par l’UE…Plus aujourd’hui, maintenant que les syndicats ont tous sans exception rejoint la Confédération européenne des syndicats y compris la CGT qui a longtemps résisté aux sirènes des compromissions européennes à l’ombre de l’internationalisme prolétarien. Un cadavre qui ne bouge plus guère que pour alimenter les contradictions insurmontables de la France Insoumise

  • sa fraction patriote est aujourd’hui occupée à créer un nouveau parti de gauche souverainiste
  • du NPA et de l’EEVL les écologistes de gauche. Désormais, pour retrouver des analyses syndicales pertinentes sur la situation économique et l’emploi, sans langue de bois, il faut descendre d’un cran dans l’échelle hiérarchique des centrales ouvrières et s’adresser à la branche professionnelle où l’on respire déjà mieux. Par exemple le livre blanc de la métallurgie du syndicat FO dans lequel il suffit de remplacer UE par France pour retrouver des analyses justes basées sur les bons constats en termes économiques, concurrentiels et monétaires – ce qui n’est, bien sûr, pas un hasard mais une demande initiale inverse de l’équipe dirigeante du syndicat avant publication – selon l’expression utilisée il était demandé aux intéressés de mettre un peu d’eau dans leur vin, c’est dommage quand il est bon !

Aéroports-de-Paris : les derniers socialistes aux abois ont toutes les audaces

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Communiqué de presse des conseillers régionaux patriotes d’Île-de-France

 
Les ultimes conseillers régionaux socialistes d’Île-de-France ont eu l’audace de présenter, ce 20 septembre, un vœu contre la privatisation d’Aéroports-de-Paris.

 

Comment oublier que cette braderie a été rendue possible par une loi promulguée par François Hollande ? Comment oublier que le gouvernement de Manuel Valls a déjà livré à la spéculation de grands aéroports de province ? Comment oublier que c’est avec Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn qu’il y eut le plus de privatisations en France ?

 

Comme tous les monopoles de fait, comme tous les services publics, Aéroports-de-Paris doit rester la propriété du peuple français. Sa privatisation relève de la seule idéologie néo-libérale. Elle ne peut que profiter au capital financier au détriment des voyageurs.

 

Les conseillers régionaux patriotes s’opposent avec force à cette liquidation d’un équipement vital de la nation. En revanche, ils n’ont pu s’associer à la mystification du voeu socialiste. Ils ont refusé de donner une caution d’innocence et de vertu au dernier carré d’un PS depuis si longtemps à la dérive au nom de la construction européiste. Ils n’ont donc pas participé à ce débat où l’hypocrisie le disputait à l’amnésie. Seul le retour à l’indépendance nationale par le Frexit permettra de mettre fin à de telles comédies dont les conséquences risquent de finir en tragédie.
 
Joffrey Bollée, Dominique Bourse-Provence, Philippe Chevrier, Bertrand Dutheil de La Rochère.