Communiqués

Contre la politique de Blanquer, une micro-grève ne sera pas suffisante

Communiqué de presse d’Alain Avello
Référent national à l’Ecole – Les Patriotes
Président de Racine – les enseignants patriotes

 

La grève de ce lundi 12 novembre dans l’Education nationale, qui réunit autour de deux appels la quasi-totalité des syndicats et la principale fédération de parents d’élèves de l’enseignement public a de quoi laisser songeur. Ses revendications se focalisent en effet sur le budget et les suppressions de postes (2 650 postes dans les collèges et lycées publics, 550 dans le privé, 400 d’agents administratifs, le tout toutefois contrebalancé par la création de 1800 postes dans le primaire, soit 0,2% de l’effectif global).

 

Si une vague de suppressions de postes n’est évidemment jamais bon signe, ériger une revendication portant sur les « moyens » en principal mot d’ordre ne l’est pas davantage, surtout quand la politique actuellement conduite présente des périls autrement plus graves : dévalorisation accrue du métier d’enseignant, dégradation continue des conditions de travail du fait d’une violence scolaire endémique, paupérisation de la voie professionnelle, réformes catastrophiques du lycée et du Bac…

 

Il est vrai que parmi les organisations mobilisées, les principales se montrent peu ou prou favorables à ces réformes : la FCPE, celle des parents d’élèves du public, explique par exemple s’opposer à la réduction des effectifs au titre que le « lycée-Blanquer » « [nécessitera] des adultes formés et en nombre suffisant auprès des jeunes »… De sorte que le mouvement de ce jour, s’affirmant pourtant d’opposition à la politique de l’actuel ministre, se situe délibérément hors-sujet !

 

Il serait en outre temps que les organisations syndicales aient l’honnêteté de reconnaître que les grèves rituelles d’une seule journée ne servent pas à grand-chose, sinon à épuiser les forces et à dissuader toute véritable contestation qui pourrait prendre des formes autrement plus efficaces pour peu qu’elle soit vraiment animée par la volonté d’atteindre ses fins : obstruction aux réunions sur l’application des reformes, rétention des notes des examens, par exemple.

 

Et ce qu’un véritable mouvement d’opposition doit exiger, et il y a urgence, c’est la revalorisation des carrières par le dégel du point d’indice et l’augmentation des salaires (les enseignants français sont parmi les plus mal payés de l’OCDE), c’est la lutte sans merci contre la violence et la délinquance scolaires qui gangrènent bien des établissements et tarissent les vocations, et c’est le retrait sans condition des reformes en cours, tout particulièrement celle du Bac qui, dilapidant une institution deux fois séculaire, effondrera davantage le niveau et accroîtra plus encore les inégalités.