La recherche française à l’honneur : bravo à nos scientifiques !

Communiqué de presse de Sophie Montel
Députée française Les Patriotes au Parlement européen

 

Ces derniers jours, plusieurs scientifiques français se sont vu remettre des prix internationaux pour la qualité de leurs travaux et de leurs contributions à leur domaine. Malgré la diète budgétaire à laquelle la recherche publique est soumise, nos chercheurs font une nouvelle fois preuve de l’excellence de leur travail, notamment en neurosciences, domaine dont notre pays a compté nombre de pionniers à travers les siècles. Ainsi, ce sont successivement Christine Petit et Jean-Pierre Changeux qui ont été primés, du prix Kavli et du prix Einstein respectivement. Rappelons qu’à l’échelle européenne les maladies neurologiques et psychiatriques représentent le premier poste de dépenses de santé pour près de 800 milliards d’euros annuels. Il s’agit donc d’un domaine de recherche prioritaire tant son importance est capitale et son poids croissant, notamment en raison du vieillissement de la population s’accompagnant d’une augmentation de la prévalence des maladies neurodégénératives.

 

Je souhaite exprimer mes sincères félicitations aux Professeurs Christine Petit et Jean-Pierre Changeux et leur équipe, et également adresser mes encouragements et mon entier soutien à tous les acteurs de la recherche française, du technicien de laboratoire au professeur des universités. Nous savons tous à quel point la situation de la recherche est difficile aujourd’hui en raison d’une précarisation inquiétante et de politiques budgétaires inconciliables avec la volonté de maintenir la France au centre de la scène internationale. L’absence de reconnaissance à l’endroit des chercheurs se traduit trop souvent par une fuite des cerveaux vers des horizons plus prospères, où la recherche est mieux valorisée.

 

Maintenir la recherche publique à flots est un investissement pour l’avenir mais également un enjeu majeur de souveraineté nationale. La recherche est et restera un moteur essentiel d’innovation dans tous les secteurs, et notamment celui de la santé, car ses travaux profitent à tous. J’appelle de mes vœux une grande politique volontariste de valorisation du secteur de la recherche, à l’heure où nombre de postes sont détruits ou non renouvelés, et où beaucoup d’équipes sont exsangues et travaillent dans des conditions matérielles déplorables, bien en-deçà des exigences de leurs tâches.

 

Si la France reste aujourd’hui considérée comme un acteur majeur de la recherche, la situation se dégrade incontestablement au rythme des coupes budgétaires et de la complexification délétère d’un système que l’on tente de façonner selon le modèle anglo-saxon, bien éloigné de la culture scientifique française. Les chiffres sont parlants : il y a une vingtaine d’années, la France et l’Allemagne allouaient à la recherche un budget comparable, aujourd’hui les investissements français en matière de recherche sont de 35% inférieurs aux investissements allemands ; seul un projet sur dix environ obtient un financement de l’agence nationale de la recherche en France, alors que le taux de financement en Allemagne atteint quasiment les 30% ; on constate également une décroissance du nombre d’inscriptions en doctorat, actant ainsi le désamour progressif de nos jeunes pour une recherche précarisée et mal reconnue, ne leur permettant souvent pas de trouver un emploi stable et valorisé à la hauteur de leurs compétences.

 

La France a les moyens de traiter ses chercheurs dignement, seule la volonté manque à ceux qui nous gouvernent !