Levothyrox : où en est la sécurité sanitaire en France ?

Communiqué de presse de Sophie Montel
Députée française Les Patriotes au Parlement européen

 

De nouveaux éléments viennent s’ajouter au dossier de la nouvelle formule du Levothyrox, un médicament utilisé par plus de 3 millions de Français atteints de maladies de la thyroïde. Le changement de formule était intervenu en 2017 et avait provoqué une vague de signalements d’effets secondaires inexpliqués (douleurs, insomnies, perte de cheveux, vertiges, …), dont la gravité avait alors été largement minimisée, allant même jusqu’à parler de psychose collective. Des associations de victimes de cette nouvelle formule ont entamé des procédures judiciaires pour obtenir la vérité et établir les responsabilités dans ce qui s’apparente à un véritable scandale sanitaire, dans la lignée du Mediator et du sang contaminé.

 

L’association française des malades de la thyroïde (AFMT) a commandé une analyse indépendante de la nouvelle formule du Levothyrox. Les résultats de cette analyse montrent des anomalies très graves, notamment la présence surprise d’une molécule interdite aux Etats-Unis en raison des effets secondaires qu’elle entraine, semblables à ceux rapportés par les patients. Par ailleurs, la principale molécule active semble être présente en dose moindre que celle annoncée dans la composition. Le sous-dosage d’hormone thyroïdienne qui en découle pourrait “réveiller des cancers endormis depuis plusieurs années” chez certains patients selon l’AFMT.

 

Il s’agit d’un véritable scandale d’Etat qui pointe les limites de notre système de sécurité sanitaire et de pharmacovigilance, et qui devrait conduire à une prise de conscience urgente des autorités pour assurer la protection de la santé de nos concitoyens. Les Français doivent pouvoir se soigner en toute sécurité et toute la lumière doit être faite au plus vite sur cette affaire afin d’établir les responsabilités du laboratoire Merck et des autorités de santé. Il conviendrait à l’avenir d’être beaucoup plus vigilant sur les changements de formule de médicaments bien installés dans le système de santé, de veiller à ce que des évaluations indépendantes poussées soient menées avant la commercialisation de celles-ci, mais également d’assurer la fluidité de la circulation des données de pharmacovigilance, qui se sont dans le cas du Levothyrox heurtées à beaucoup de résistances.