Loi ELAN et loi Berta : Emmanuel Macron trahit les personnes handicapées

Communiqué de presse de Sophie Montel

Députée française au Parlement européen.

 

Alors que M. Macron avait déclaré pendant la campagne présidentielle vouloir faire du handicap une priorité de son quinquennat, les premières mesures présentées via la proposition de loi du député Modem Philippe Berta, adoptée aujourd’hui en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, sonnent comme une véritable trahison de la parole donnée en campagne.

 

Ainsi, là où M. Macron avait promis de revaloriser l’Allocation Adulte Handicapé (qui va augmenter de 90€ d’ici novembre 2019), il avait oublié de dire que les règles de calcul de l’AAH changeraient pour les couples et que deux allocations complémentaires de l’AAH fusionneraient, entrainant une perte sèche de 90€ à 179€ par mois pour 65.000 bénéficiaires de l’AAH.

 

La loi handicap de 2005 avait créé des Fonds Départementaux de Compensation du handicap permettant de limiter les restes à charge supportés par les personnes handicapées à 10 % de leurs revenus, mais le décret d’application de cette mesure n’a jamais été publié. Par sa proposition de loi, le député Berta propose carrément de reporter à 2021 l’application de cette disposition législative.

 

L’application de cette loi handicap de 2005 est par ailleurs constamment repoussée, et les personnes handicapées peuvent légitiment avoir l’impression d’être instrumentalisées et menées en bateau par les gouvernements qui se succèdent.

 

Ainsi, la loi ELAN sur le logement qui sera examiné par le Parlement cet été enterre définitivement l’objectif de 100% de logements neufs accessibles pour les personnes handicapées, l’objectif étant ramené à un ridicule 10%. La loi prévoit en remplacement « 100% de logements évolutifs », c’est-à-dire adaptables avec travaux, faisant fi du besoin des personnes handicapées de pouvoir aussi rendre visite à des amis ou de la famille, et rendant en tout état de cause plus difficile l’accès au logement des personnes handicapées.

 

Les Patriotes demandent quant à eux que soient prises les mesures de justice que sont en droit d’attendre les personnes handicapées en fixant l’AAH au seuil de pauvreté, en désindexant l’AAH des revenus du conjoint, en réalisant enfin les travaux de mise en conformité des bâtiments, en améliorant l’accès aux soins et à l’éducation, et en investissant toujours plus dans la recherche.