EHPAD : Les Patriotes soutiennent le mouvement de mobilisation.

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Communiqué de presse de Florian Philippot
Député français au Parlement européen,
Président des Patriotes.

 

Après les agents des hôpitaux, les policiers, les pompiers ou encore dernièrement les surveillants pénitentiaires, c’est au tour des personnels des EHPAD, en charge de nos anciens, de protester contre la dégradation affolante de leurs conditions de travail. Le manque d’effectifs et les sous-dotations, ajoutés aux conséquences de la désertification médicale, rendent impossible le fonctionnement normal de plus en plus d’établissements.

 

Dans ce contexte, la réforme du financement des EHPAD, qui affecterait plus particulièrement les établissements publics, n’est pas acceptable, car derrière les données purement comptables il y a des hommes et des femmes qui travaillent avec dévouement, et des résidents qui ont droit de recevoir un traitement digne et des soins de qualité.

 

La mobilisation des personnels des EHPAD est plus légitime que jamais et Les Patriotes la soutiennent. Elle est l’expression d’une détresse qui frappe l’ensemble des services publics de notre pays, conséquence, il faut le souligner, d’une austérité délétère imposée par Bruxelles depuis des années, et dont les effets se ressentent aujourd’hui simultanément dans de nombreux corps de métier essentiels à la vie de la Nation.

 

Depuis hier, nous diffusons sur les réseaux sociaux nos propositions pour les EHPAD dans le cadre de ce mouvement :

 

– Respect du plan grand âge de 2006 : atteindre le ratio d’1 personnel pour 1 résident.

– Retrait de la désastreuse réforme de la tarification des EHPAD.
– Un meilleur accompagnement des familles et des conditions de travail plus humaines pour les soignants.

L’Association des Syndicalistes et Salariés de France aux côtés des personnels soignants des EHPAD pour leur journée de mobilisation syndicale.

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Communiqué de l’Association des Syndicalistes et Salariés de France.

 

La santé n’est pas un simple coût : la qualité de vie des personnes âgées et des personnels se dégradent dans la plus parfaite indifférence.

 

Romain Gizolme, responsable des directeurs de maisons de retraite alerte: « dans l’ensemble du secteur la situation n’est plus tenable pour les 7.000 établissements privés et publics et les services à domicile ». A ce niveau, les 50 millions d’investissements promis par le gouvernement apparaissent comme largement insuffisants au vu de la nécessité d’augmenter les moyens humains pour la prise en charge des personnes dans les actes essentiels de la vie quotidienne et pour la sécurité des personnes âgées. 15 toilettes en 3 heures le matin, des couchers réalisés à partir de 16h ou encore le manque de temps pour aider à la prise des repas sont inacceptables et indignes de la République. Progressivement, les démarches qualité ont remplacé la qualité de l’accompagnement des personnes âgées. Les soignants sont devenus des stakhanovistes par manque de temps : maltraitance, souffrance des soignants et des personnes, sous-effectif, arrêts maladie, perte de sens, en sont les conséquences logiques.

 

Les EHPAD accueillent aujourd’hui des personnes de moins en moins autonomes : 89 % des résidents sont partiellement ou entièrement dépendants pour les actes essentiels de la vie (se lever, se laver, manger). Les besoins en moyens humains sont fixés par négociation en convention tripartite EHPAD-Conseil Départemental-Agence Régionale de Santé. La répartition qui en découle ne correspond pas aux besoins réels mais à une exigence comptable. L’ARS prend en charge les soins, le Conseil Départemental l’hébergement, et la dépendance reste à la charge de la famille ou du résident et n’est pas prise en compte dans la dotation aux établissements.

 

Les budgets sont contraints par un objectif national de maîtrise générale des dépenses et en particulier d’assurance maladie. Cette austérité voulue par l’UE aggrave encore la situation, rendant le travail des soignants invivable. Du fait de la désertification médicale et du manque de personnel, nombreux sont les agents qui font des soins sans formation et sans compétences. Les infirmiers, trop peu nombreux dans les équipes, sont absents la nuit et rarement présents sur une journée entière. Les infirmiers libéraux et autres professions paramédicales (kinés notamment) n’interviennent que ponctuellement et sur des actes précis. Ils sont eux aussi souvent débordés. Ni eux, ni les aides-soignants, aides médico-psychologiques ou agents ne peuvent pallier au manque de médecins alors que la grande majorité des résidents ont des problèmes médicaux graves. Il est urgent de lutter contre les déserts médicaux et paramédicaux. Enfin, l’aide à domicile ne comble pas le manque de places en structure d’accueil pour les personnes les plus dépendantes et la situation dramatique des EHPAD s’étend peu à peu à toutes les structures médico-sociales.

 

L’Association des syndicalistes et Salariés de France soutiendra toutes les actions sociales du secteur qui militeront afin:

  • d’augmenter fortement les effectifs des professionnels soignants des EPHAD ;

  • que l’aménagement du territoire se traduise notamment par le maintien et le développement des services publics dans la ruralité, les petites villes et les banlieues et donc de fait le maintien et la création de structures hospitalières et d’EHPAD en fonction des besoins liés au vieillissement de la population ;

  • de remettre sur pied une politique de santé ambitieuse assurant à tous sur l’ensemble du territoire national un accès aux soins rapide et de qualité. Misons sur l’innovation, la chasse au gaspillage et le bras de fer avec les laboratoires afin de mieux rembourser les patients et d’investir dans l’hôpital public et les maisons de santé. La dépendance doit faire l’objet d’une nouvelle branche de la Sécurité sociale pour être prise en charge avec efficacité. Le tiers payant doit être généralisé. La générosité de la France doit s’exercer en particulier envers nos compatriotes en situation de handicap ;

  • d’augmenter le numerus clausus des études médicales et que l’on oblige les médecins libéraux à aller exercer 3-5 ans dans un désert médical, permettant ainsi un meilleur accès aux soins pour les personnes accueillies en EHPAD comme pour celles prises en charge à domicile, et contribuant ainsi à lutter contre les déserts médicaux ;

  • de défendre une politique de bien-être au travail qui passe par la formation professionnelle, l’apprentissage, les plans de carrière et les politiques de ressources humaines afin de redonner un sentiment de justice à chacun. Permettre par exemple aux agents de devenir aides-soignants, aux AMP et AS d’accéder à la formation d’infirmière, etc. Il s’agit de redonner du sens au travail de tous et c’est très urgent car il n’y a pas de fatalité à cette dégradation continue de la situation.