En sortir ! Pour sortir du chômage de masse – Episode 3

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Ni fatalité ni solution, le chômage est une conséquence de la dialectique de la lutte des classes sociales, non pas la messianique de papa Marx mais celle  dialectiquement pure de François Guizot

Dans la septième leçon inaugurale de présentation de son Histoire de la civilisation en Europe, prononcée en 1828, François Guizot invente le concept de lutte des classes, toujours attribué à tort à Karl Marx. Ce dernier ne le reprendra seulement que quelques années plus tard en modifiant la création de Guizot par le concept de baisse tendanciel du taux de profit – très discutable sur le plan économique – et surtout, il ajoutera à l’analyse une nouvelle classe sociale: le prolétariat, à qui il va donner le tout premier rôle. Une classe parée de toutes les qualités parce que révolutionnaire par essence, c’est-à-dire que l’existence du prolétariat devient la négation de la bourgeoisie dans les fins dernières de cette lutte des classes revisitées par Marx. Clef de voûte de la doctrine révolutionnaire marxiste, machine de guerre idéologique contre la bourgeoisie triomphante de la seconde moitié du XIXème siècle. Marx crée ainsi une eschatologie et des vertus messianiques prêtées à la classe ouvrière très éloignées du propos initial de Guizot.

C’est cette conception marxiste qui s’impose très largement à l’orée du XX  siècle et donne son sens définitif à l’expression lutte des classes. Mais ce n’est pas son sens premier voulu par son créateur François Guizot.  En effet, pour lui l’intérêt même de cette lutte des classes réside dans ses conséquences à la condition expresse que personne ne sorte définitivement vainqueur de ce combat de classes: aristocratie, clergé, bourgeoisie, communes. Un titre de vainqueur certes, mais toujours temporaire, comme un combat de boxe, lorsque la victoire n’est acquise qu’aux poings. Jamais par KO de l’un ou l’autre des protagonistes, au risque sinon  d’une fin définitive de la partie et beaucoup plus grave du jeu lui-même, privant ainsi la société toute entière des fruits de ce combat. Dans l’esprit de Guizot cette lutte des classes est régénératrice. Le combat est impulsé par l’une des classes dominées à l’encontre de la classe dominante qui profite évidemment de sa position dans les institutions et différentes sphères de la vie sociale jusqu’au centre de l’appareil d’Etat. A l’issu de cette rivalité ouverte un nouvel ordre s’instaure plus ou moins original par rapport à l’ancienne configuration. Un nouvel équilibre qui digère les positions respectives des différentes classes après la bataille. Jamais donc de grands soirs chez Guizot ou de révolution qui impliquent la négation par élimination d’une classe par une autre et donc les horreurs générées dans l’histoire à ce titre comme en ex-U.R.S.S, en Chine au Cambodge et ailleurs.

L’histoire des idées a largement éclipsé l’apport majeur de Guizot dont notre propos n’est pas de parler de l’homme politique mais de l’historien visionnaire. Son ambition était de forger des outils à même de rendre compte de l’évolution des sociétés et de la civilisation européenne. Son analyse dynamique montre admirablement l’immuabilité du combat des classes telles qu’elles se trouvent à un moment donné de l’histoire sociale. Mais aussi des bienfaits de cette lutte sur la société dans le cadre national. Son caractère éminemment constructif sur le plan politique et institutionnel et plus encore car dans l’esprit de Guizot la modernité même en dépend. C’est-à-dire qu’une société évolue et progresse dans la mesure où ce processus de lutte des classes peut continuer à produire ses effets et générer ainsi la modernité sous ses différentes facettes à travers les évolutions scientifiques, institutionnelles, juridiques, mentales, économiques, innovations techniques, politiques…etc. Un principe premier d’explication du mouvement du monde  dont la matrice est cette lutte des classes à la fois cause et conséquence de l’Histoire des sociétés, écoutons-le:

L’Europe moderne est née de la lutte des diverses classes de la société. Ailleurs, cette lutte a amené des résultats bien différents : en Asie, par exemple, une classe a complètement triomphé, le régime des castes a succédé à celui des classes, et la société est tombée dans l’immobilité. Rien de tel, grâce à Dieu, n’est arrivé en Europe. Aucune des classes n’a pu vaincre ni assujettir  les autres ; la lutte, au lieu de devenir un principe d’immobilité, a été une cause de progrès ; les rapports des diverses classes entre elles, la nécessité où elles se sont trouvées de se combattre et de se céder tour à tour ; la variété de leurs intérêts, de leurs passions, le besoin de se vaincre, sans pouvoir en venir à bout ; de là est sorti peut-être le plus énergique, le plus fécond principe de développement de la civilisation européenne.

Loin de l’hypothèse de Fukuyama prédisant la fin possible de l’Histoire et indépendamment des relations variables entres les Etats, dont nous savons que les intérêts bien compris priment sur tout autre considérations ou sentiments. L’approche de Guizot permet de dépasser l’individu pour analyser un ensemble dynamique dans lequel les intérêts de classes sont différents et contradictoires. Il n’écrase pas l’individu mais au contraire le restitue dans une compréhension dialectique de son destin et de sa relative liberté. Il nous permet ainsi de mieux saisir par exemple au cours de notre histoire moderne pourquoi et comment  aristocratie et bourgeoisie en butte à une perte importante de pouvoir et d’influence ont privilégié leur solidarité de classe à leur patrie et n’ont pas hésité à trahir parfois afin de sauver, maintenir ou reconquérir leur domination sur leur société d’appartenance.

Un phénomène très repérable dans l’histoire de France remarquablement pointé du doigt par François Mauriac, observateur de la vie politique d’après-guerre dans son fameux bloc-notes, nourrit de la longue histoire:

Ce qu’il y a de singulier c’est que la France a toujours nourrit en son sein, à toutes les époques, une partie d’hommes raisonnables qui nient qu’elle puisse vivre autrement que subordonnée.

Après De Gaulle, ces hommes politiques raisonnables Français n’ont pas cessé de nous soumettre pierre après pierre à une construction institutionnelle d’une Europe auquel nous sommes désormais soumis. Le corps social veut bouger mais il est paralysé comme dans un mauvais rêve où l’on assiste impuissant à son propre dépeçage. Toute la classe politique aujourd’hui au pouvoir ou appartenant à des partis de gouvernement portent cette responsabilité et les dissidents en leur sein n’ont été qu’une poignée. Ils sont donc ainsi objectivement solidaires de l’existence de  l’UE parce que l’abandon de l’UE sonnerait infailliblement le glas de leurs carrières politiques. Ils se tiennent; en ce sens, tous par la barbichette et c’est pourquoi ils ont le même désir: changer l’Europe ! Slogan inchangé tous partis confondus depuis bientôt cinquante ans…Par conséquent la ligne de clivage politique entres les partis n’est plus Gauche/Droite, Progressistes/Conservateurs mais bel et bien soumission ou émancipation de l’UE dont nous sommes accablés. Une fracture profonde qui couve depuis cinquante ans dans le grand chaudron de nos multiples petits renoncements au principe de la souveraineté de la Nation, comme le proverbe Turc précise une femme n’est pas à moitié en ceinte elle l’est ou pas, de même un Etat est souverain ou non… et vous connaissez la réponse. C’est aussi la parabole bien connu de la grenouille projetée dans la marmite bouillante qui en ressort aussitôt, alors que la même grenouille plongée dans l’eau froide portée progressivement à ébullition périra elle par contre à coup sûr! Le lecteur comprendra qui est la marmite et la grenouille… Charles De Gaulle qui n’en était pas une n’a pas cessé de nous mettre en garde:

Les Français sont trop portés à croire qu’ils peuvent dormir tranquille, qu’ils n’ont qu’à s’en remettre à d’autres du soin de défendre leur indépendance ! Il ne faut pas les encourager dans cette confiance naïve qu’ils paient ensuite par des ruines et par des massacres ! Il faut les encourager à compter sur eux-mêmes.

François Guizot avec l’invention de la lutte des classes clarifie les mouvements de la longue histoire comme les coups de zoom nécessaires quand l’histoire des hommes et des civilisations s’emballent tout d’un coup. Son apport est de la première importance pour éclairer notre compréhension de l’histoire des hommes sans lequel la chouette de Minerve cher à Hegel  s’entête à prendre son envol au crépuscule et nous plonge dans le noir incapable de déchiffrer l’évolution d’une société.  Un coup d’œil dans le rétroviseur, une vision du présent et ses convulsions, quelle  focale peut nous aider à faire le point. Toutes les facettes de l’économie, tous les fondamentaux d’une société, toute la plasticité du système capitaliste si caméléon dans les différents environnements où il évolue et dont la plasticité n’a d’égal que son adéquation à tous les discours les plus doctrinaux et même son contraire: l’anticapitalisme. Un système enveloppant la planète entière, jamais proprement inventé par l’homme mais toujours recomposé et adapté par sa main et les cultures du citoyen appartenant à une nation spécifique et distinct des autres et de mille manières en Angleterre, en Chine, à Macao, en Inde, en Colombie, en Iran, en France, au Cameroun… Jamais vraiment le même mais dont nous retrouvons néanmoins certains invariants partout, ce qui fait peut-être de la terre l’enfer d’une autre planète…

L’emploi ou plutôt le niveau de l’emploi est donc pris dans les rets de cette lutte des classes qui sans être une guerre ouverte à proprement parler fait néanmoins des milliers de morts annuel. Environ 14 000 en France car la mortalité des chômeurs est trois fois supérieure à celle des actifs occupés… 

À Rouen, il manque un État !

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Communiqué de presse de Florian Philippot

Président des Patriotes.
Le préfet de Seine-Maritime fait sans doute, avec ses agents, le maximum pour répondre aux angoisses de la population rouennaise depuis la terrible explosion de l’usine Seveso Lubrizol. Malgré tout c’est un sentiment d’impuissance qui domine depuis plusieurs jours, carburant principal des doutes de la population, de son inquiétude, de sa colère.

À force d’avoir été attaqué par le haut (l’UE et l’austérité qu’elle impose partout) et par le bas (la décentralisation non maîtrisée), l’État est affaibli. Liste des produits dangereux, évaluation immédiate de la toxicité des rejets aquatiques, terrestres et aériens constatés, précautions à prendre dans les environs et sur le site même de l’usine : un État digne de ce nom serait en mesure de répondre à ces questions centrales en quelques heures. Il se montrerait solide, transparent, rassurant.

Il aurait aussi engagé depuis longtemps une réflexion sur la situation capitalistique de ces usines dangereuses, dont on apprend au gré des accidents que leur destin est parfois décidé par le hasard des cours de bourse new-yorkais…
Le pouvoir a quelques jours pour rassurer les Rouennais et prendre les mesures qui s’imposent le cas échéant. Il doit le faire en toute transparence. Il a quelques mois pour cesser l’affaiblissement et le désengagement de l’État.