Rapport sur la SNCF : entre conformisme ultra-libéral et mort du service public

Communiqué de presse de Florian Philippot
Député français au Parlement européen,
Président des Patriotes.

 

Le rapport sur la SNCF remis ce jour au gouvernement et supervisé par l’ancien patron d’Air France Jean-Cyril Spinetta est un concentré de recettes ultra-libérales conformes aux exigences de l’Union européenne, dont l’objectif est d’enterrer la SNCF comme grande entreprise française du service public.

 

Ce rapport s’inscrit dans une stratégie de dégradation continue de la SNCF, aussi bien de son image, de son organisation que de ses moyens, en vue de faire accepter aux Français sa transformation radicale, et donc sa disparition, dans la perspective de la libéralisation du rail.

 

Toutes les mesures de ce rapport abondent logiquement dans le sens des exigences de Bruxelles et achèvent un processus entamé depuis de nombreuses années : réduction du nombre de dessertes ferroviaires, recentrage sur le TGV (mais sans nouvelles lignes à grande vitesse), réduction des effectifs et réforme du statut des cheminots. Si sur ce dernier point des discussions peuvent s’ouvrir avec les syndicats, tous les autres marquent la disparition du service public du rail et l’abandon de toute politique nationale d’aménagement du territoire. Nous le répétons, la rentabilité ne peut pas être le seul critère du maintien ou non des lignes de train : le développement du monde rural et la continuité du service public sur tout le territoire doivent être placés au-dessus.

 

En outre, cet affaiblissement du train, moyen de transport le plus écologique, se fera nécessairement au détriment de l’environnement ce qui pose, là aussi, de sérieux problèmes et révèle l’incohérence politique de monsieur Macron.

 

Enfin, Les Patriotes alertent les Français sur les dangers de la privatisation à venir de la SNCF, conséquence logique de l’ouverture à la concurrence. Cette politique ultra-libérale et dogmatique a déjà fait la démonstration de son échec dans des pays comme le Royaume-Uni. Cela se traduira pour les usagers du train par moins de trains, des trains moins sûrs et des trains plus chers. La France a besoin au contraire d’un grand service public du rail, moderne, ponctuel et accessible.

Réforme du Bac : le pire confirmé

Communiqué de presse d’Alain Avello
Référent national à l’Ecole – Les Patriotes
Président de Racine – Les enseignants patriotes

 

Jean-Michel Blanquer a présenté ce matin en Conseil des ministres et, à l’instant, lors d’une conférence de presse, sa réforme du Baccalauréat. Et le pire, tel que préfiguré par le rapport Mathiot, pour l’avenir de l’examen comme pour celui des jeunes Français se trouve confirmé : disparition des filières (L, ES, S), moins d’épreuves terminales, plus de contrôle continu, et un improbable « grand oral », sorte de TPE (Travaux personnels encadrés) XXL.

 

On comprend bien ce qui inspire la réforme : réduire les coûts de gestion ― certes importants — du Bac actuel. On perçoit tout aussi bien la tactique : tirer prétexte de sa dévalorisation pour en organiser la dilution. Mais on mesure surtout que cette réforme ira à l’encontre de la revalorisation, pourtant nécessaire, de l’examen, comme de l’égalité — entre les candidats, quelle que soit leur origine sociale ou géographique ― qu’il doit pourtant garantir, et à l’encontre de l’intérêt même des élèves.

 

– Organiser la disparition des filières au profit d’un choix de « matières » selon les appétences individuelles, matières qui pourraient de surcroît ne pas être également proposées dans tous les établissements, cela privera les élèves des chances égales de réussite dans une voie clairement choisie. Nous préconisons au contraire une spécialisation accrue par filières.

 

– Réduire le nombre d’épreuves terminales au profit du contrôle continu (40% de la note globale), cela entraînera d’inévitables ruptures d’égalité entre les candidats et nourrira la suspicion de ce qu’un Bac n’a pas même valeur selon l’établissement d’origine. Nous prônons au contraire le renforcement du caractère anonyme, national et terminal de l’examen.

 

– Instituer un « grand oral » (10% du résultat final) sur le modèle des TPE, sans que ceux-ci, institués en 2000 par Claude Allègre, n’aient jamais été vraiment audités, alors qu’ils accentuent eux aussi les inégalités d’origine, révélées en l’espèce par l’aisance à l’oral, auquel les candidats sont livrés dans la plus grande impréparation, cela ne peut que renforcer l’arbitraire dans l’évaluation. Nous réclamons au contraire que l’évaluation réunisse toute les conditions d’objectivité.

 

Cette réforme du Bac a tout lieu d’être reconnue comme la transposition au niveau du lycée de la catastrophique réforme Vallaud-Belkacem du collège. Elle répond en tout cas aux mêmes logiques et, comme elle, amplifiera le nivellement par le bas, au mépris de l’égalité républicaine. Ce pourquoi Les Patriotes joindront leurs forces aux organisations enseignantes, étudiantes et lycéennes, dans leur légitime mobilisation contre la réforme, laquelle ne constitue en rien un progrès, ne procède en rien à la revalorisation du Bac, mais produira l’effet exactement contraire.